Le réalisme est l'arme absolue anti-rampante
 
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 Victoire libération espoir

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MARQUISE
Hygiéniste bêlant


Nombre de messages : 5

MessageSujet: Victoire libération espoir   Sam 12 Mai - 11:45

Je suis rentré chez moi, j’ai mangé une pomme, j’ai pris un aspégic et un verre de bordeaux puis je suis retourné à l’école, sur le chemin je suis passé au bar LE CACTUS. J’ai pris en photo une télé qui traînait sous un pont, je suis allé chez le médecin, il m’a dit de faire un dossier RECONNAISSANCE PERSONNES HANDICAPEES, j’étais auparavant allé sur Internet pour retrouver son numéro de téléphone.
Un jour je vais vraiment changer, en profondeur et pas qu’un peu, fini les cuites, la vie qui tourne autour de l’alcool, la solitude forcenée, l’aigreur, la frustration ; la conscience à nu, sans artifice, sans raffinement littéraire, sans cliché, sans vouloir plaire à un public j’écrirais quelque chose de sensationnelle ou quelque chose d’insignifiant ce qui est peut-être préférable.
Lorsque j’ai fait chauffer la sauce tomate tout a explosé.
SPAGHETTI NUMERO 5 + VODKA 3 ETOILES + SAUCE TOMATE = ROCK NERVALIEN.
J’ai foutu mon portable sous le canapé comme si il s’agissait d’un crime crapuleux, un crime à la Dostoïevski et que c’était l’arme du crime qui m’aurait empêché d’aller en discothèque pendant au moins vingt bonnes années.
En réalité il s’agissait simplement d’une invitation au bar d’en face.
J’ai gratté mon steak en éjaculant du polystyrène, la structure de mon ADN était tellement perturbée par les émanations du micro-onde que j’ai mis du Mylene Farmer.
Après avoir erré au petit parc municipal de Vienne, j’ai erré au parc de la tête d’or, un grand parc pour errant mal dans sa peau, l’œil fouineur et observateur des moindres faits et gestes, reporter de la vacuité rampante et toutes ces conneries néo-réalistes ; je n’ai pas pris mes billets pour Amiens, je ne souhaite pas retourner dans cette ville bancale à la recherche d’un hypothétique fantôme, le saint sépulcre du bien aimé défunt. Je n’ai pas osé me vider à trois heures du mate dans le local à poubelle, je suis encore amoureux de ma voisine, j’ai encore des restes de scrupule.
L’après-midi j’ai visité le musée d’art contemporain, il y avait dehors des gens qui jouaient du tambourin, ça devait être un mariage.
J’ai rêvé de faire LYON-PARIS-BRUXELLES-MONS mais j’étais bourré avec dix gamins dans les pattes. Le Mâcon m’avait trop attaqué.
En allant au vidéo club prendre un porno, j’ai pensé qu’il avait une névrose plus forte que la mienne. (Une bite plus longue aussi mais je vois pas ce qu’il a de plus charismatique que moi, peut-être un peu trop sûr de lui, là aussi j’attends un coup de poker.)
J’allume la télé je revois le Pavillon noir
Avec l’aveuglément qui était le mien
Les nuits, enfant battu d’un égalitarisme populiste
Avec pour seule lumière et insomnie
L’obscène qui suinte noir et épais
A travers d’incroyable musique d’abattoirs
Mai 68
Les lèvres en croix sur vos rêves je lorgne et je conspire
Prisonnier de ma seule chasteté.

Cervelle frénétiquement déchirée, je dégueule dans la rue, résultat d’un nouveau Reich légitime et vraiment trop drôle. Le centre névralgique de mon écriture –abject et sans vraiment de cohérence psychologique- c’est finalement une vieille névrose scolaire, un noël en famille, un 31 dans le noir, un coma éthylique prolongé, des mots et des horaires fixes, un président qui fait du jogging.
Une nuit alors que j’écrivais dans la clarté pâle et sanglante Elle m’a ouvert un chemin au milieu des corps rampants et j’ai tout de suite vu que c’était la voie la seule voie possible LE NON-RETOUR tant espéré ; je me suis finalement réveillé, j’ai pris une douche, j’ai vérifié que mon portable, ma carte bancaire, et mon argent étaient toujours là puis je suis allé me recoucher.

Relève-toi et chante par la fenêtre
Le tube de la dernière rave party.

Sur la notice risperdal il y a écrit : la prise de boisson alcoolisée est déconseillée avec ce traitement. J’ai trouvé le moyen de perdre connaissance, de passer dans l’autre monde ; je n’en retire aucune gloire, aucune fierté.
Mais je tiens à remercier ma psy qui a joué un grand rôle dans ma névrose ses avantages pratiques ne sont plus à démontrer. Je n’ai pourtant pas l’intention de finir alcoolique, je n’ai aucune ambition dans ce domaine, dans tous les autres d’ailleurs.
Le bar juste à côté de la gare sert à me désaltérer après mes longues promenades, juste avant de rentrer sur Vienne je bois une bière bien fraîche.
Lorsque je me réveille la télé est éteinte, mon ordinateur bloqué sur le texte d’un internaute rampant, anti-rampant ou néo-rampant. J’attends jusqu’à l’aube avant d’aller m’acheter une pizza au supermarché. Les Viennois adorent particulièrement ce moment : on est bien une trentaine à attendre sous les grilles, il y a un fou (beaucoup plus givré que moi) qui demande toujours à Dieu si il doit prendre le Dauphiné libéré. Moi je suis là, pâle, virginal et comateux, vaguement à la recherche d’un sens à ma vie. C’est dans ces moments là que je me sens un peu comme un héro, c’est à ce moment là que je pourrais faire de grandes choses.
Une fois j’ai découvert sur le trottoir un pigeon mort de soif étranglé dans son vomi. Vrai et abject.
Terrifiant.
Ce fut un grand moment d’inspiration :
Saint, martyrs, fous, voyageurs
Egouttez-moi à la dynamite de vos plaies
Sous la pénombre fringante des barbelés
Avec pour seul romance et graal improbable
Le bal musette de Vienne je vous salue
O président de la maison de retraite !
Sur l’écran de mon ordinateur néo-réaliste
J’éjacule des mots pâles et sanglants
Au supermarché viennois

Bon sang Seigneur quand est-ce que je vais parcourir le monde ? Si tu le sais réponds-moi pourquoi toute cette jeunesse, toute cette force gâchée, pourquoi cet abrutissement volontaire et stérile ? A bouffer des Happy Meal les os dans la chair, à prendre des trains absurdes, à partir sans cesse en tournée, en concert tel un saxophoniste qui joue l’éternité le long des rails brûlants, avec pour seul espoir la renaissance d’une névrose amoureuse.
Il y a eue pourtant une époque où je sortais avec une fille, je me souviens du vieux port de Marseille où je prenais le Frioul express pour la rejoindre nue, épanouis sur une plage de sable fin, une brunette aux lèvres carmins aux yeux de chienne concupiscente mais avec un gros cul de vache et qui plaçait son vagin comme la chose la plus précieuse au monde.
En finir avec les jérémiades, les minauderies du génital : la prochaine fois je l’étendrais sur un lit de pierre recouvert de roses mortes, j’éjaculerais sur son visage (un endroit où elle aurait de l’acné par exemple) à moins qu’elle me raconte quelque chose de vraiment intéressant comme la visite annuelle du président de la maison de retraite de Vienne, sujet pour grand névrosé en mal d’inspiration- ou alors l’arrivée en gare de Vienne d’un mec totalement nihiliste, star néo-réaliste qui vient de créer un site pour dissociés branchés.

Je regarde mon agenda : demain j’ai la psy à quatorze heure trente, je mangerais un Kebab sur un banc viennois avant de prendre le train.
Toujours prêt à satisfaire mon ego scriptural je me taillade les veines à coup de stylo bic et entame le chapitre 3.
L’imprimante ne marche pas, je ne peux donc pas imprimer cette merveilleuse histoire, mon fabuleux destin.
Je vais au supermarché, j’achète une salade, un steak, des raviolis, un coca. Je finis la vodka avec le coca et comme j’en suis à un point crucial dans mon récit je me dis que je vais changer cette fois, que je vais vraiment changer, que ça peut plus durer comme ça.

Quand je serais assis à la table d'un restaurant cinq étoiles en face d'une belle blonde, je lui dirais, dans un anglais impeccable car bien sûr je serais devenu une star international, je lui dirais vous savez quand j'étais jeune c'était dur je dirais même c'était très dur, j'étais un jeune homme idéaliste, solitaire, manutentionnaire, c'était la misère, j’avais dû mal à supporter ma solitude avec toujours cette envie de me prendre des cuites phénoménales, d'en découdre une bonne fois pour toute, mais toujours assez coriace pour résister, de la vraie mauvaise herbe, celle qui fait planer les pseudo écrivain les abrutissant et les confortant dans un jeu sale, stérile, débile, dans une totale perte de lucidité, dans une constante surenchère d’excitants de tous ordres, la vérité c'est que j’ai fini par prendre le large, j’ai décidé de devenir un rampant, un vrai.
J’ai réalisé à quel point mon existence pouvait être foireuse j’ai mis du temps à capter voyez vous.

Je lui déballerais mon récit à la troisième personne en lui servant à boire. Et en me servant à boire bien sur. Ce serait pitoyable, crevant et chiant comme un dimanche en famille. Mais je n'aurais pas d'autres alternatives, elle muette, moi bien obligé de combler la conversation déjà vide de sens.

"Et si on parlait sexe maintenant ?
"Tu sais qu’un préservatif c’est un objet de consommation courante ?
"Cette après midi tu vas voir ta mère je crois…
"Et si j’te racontais une blague belge ?
"Alors c’est l’histoire d’un belge...

Compte en banque vide, carte bancaire refusée dans tous les guichets dans tous les magasins chez tous les psy de la France, appartement vide lui aussi puis tout de suite après plus d'appartement et pourtant le dimanche me torturait toujours autant, même lorsque je faisais caca bien droit.

"Et l’histoire de ces deux fous tu la connais ?... accroche-toi au pinceau j’enlève l’échelle...

Mort de rire, je suis parti à l'autre bout de la rue, trouver l'inspiration, à mon retour on a sonné chez moi sûrement un emmerdeur ou une emmerdeuse qui voulait m’empêcher de mourir. A force de simuler, de vivre dans la fiction, on finit par devenir vrai. Mais le vrai est tout aussi factice à l’image de mes personnalités. Personne ne m’appelle sur mon portable, tout le monde répond présent à mes tentatives de suicide-sms. Résultat : une bouteille de vodka et une boite de risperdal à jamais perdu moralité n’appelez jamais au secours on risquerait de vous sauver.



Ce style néo-réaliste te plait ? Alors toi aussi tu peux faire pareil : ouvre une bouteille de vin, allume ton ordinateur et, dans la clarté pâle et sanglante, écris ta fiction autobiographique.
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Traffic
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MessageSujet: Re: Victoire libération espoir   Lun 14 Mai - 23:15

Tiens un bon texte égaré ici.
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MessageSujet: Re: Victoire libération espoir   Jeu 24 Mai - 10:23

J'ai lu ce texte à domicile, d'où l'importance d'avoir une compagne servile.

Merci du conseil, Val.

Je l'ai suivi sur 104 textes.

Toujours un plaisir de te lire.

Om.

_________________
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MessageSujet: Re: Victoire libération espoir   

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