Le réalisme est l'arme absolue anti-rampante
 
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 S.T.A.L.K.E.R. I

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omega-17
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MessageSujet: S.T.A.L.K.E.R. I   Ven 25 Mai - 16:15

Je me souviens qu’il pleuvait abondamment, cette nuit-là. Je sais que ça s‘est déroulé de nuit parce qu’on me l’a raconté ; enfin Sidorovich me l’a dit quand je l’ai questionné après mon réveil, au bord de la démence. Il pleuvait de l’acide dilué depuis la fin de l’après-midi et on ne distinguait pas grand chose, il était dans les environs de vingt-deux heures, heure locale. J’étais transporté à l’arrière d’un camion militaire bâché, avec les autres cadavres contaminés. J’étais quasiment inconscient depuis des heures, peut-être plus, je ne le saurai jamais. Des éclairs apocalyptiques zébraient le ciel poisseux de la Zone et toujours cette pluie corrosive qui inondait la route. Et puis la foudre s’est abattue sur le transport, enflammant l’habitacle et projetant le véhicule et ses occupants sur le bas-côté. Après plusieurs tonneaux dans une cacophonie infernale, ce fut le trou noir.

En tout cas, c’est ce qui a du se passer ; jusqu’à présent, aucun de mes contacts n’a pu me confirmer les circonstances de l’accident mis à part le témoignage d’Oleg Le Serpent que m’a rapporté Sidorovich. Oleg, comme tous les autres, porte une sorte de pseudonyme par lequel il est reconnu. Moi aussi, on m’en a attitré un : Le Tatoué. A cause des initiales qui sont inscrites sur mon avant-bras. Je n’ai aucune idée de mon nom d’origine, ni de l’endroit où j’ai bien pu me faire faire ce tatouage. En réalité, je ne sais plus du tout qui j’étais et si j’étais vraiment quelqu’un auparavant, c’est ça l’enfer de l’amnésie. Je me rappelle seulement m’être réveillé, allongé sur une table avec Sidorovich qui fouillait dans mon PDA. Il me croyait mort mais Oleg, qui avait fouillé le camion accidenté dès le lendemain à la recherche d’objets de valeur, avait remarqué que j’étais le seul macchabée à montrer quelques signes de vie et comptait me vendre en échange d’un bon prix à la boutique du marchand ukrainien véreux. Ce qu’il a fait, je présume ; d’où ma situation assez préoccupante.

Je me trouvais, toujours d’après Sidorovich, à huit kilomètres de l’épicentre de l’explosion initiale de Tchernobyl. En quatre-vingt six, le réacteur numéro quatre, suite à une erreur de maintenance lors d’un entretien standard, avait littéralement implosé, créant une zone de contamination radioactive persistante sur une importante étendue. Les militaires avaient bouclé le périmètre et après plusieurs tentatives infructueuses, les secours avaient renoncé à sauver qui que ce soit. Des civils moururent, certains moins vite et plus douloureusement que d’autres. Un sarcophage en béton fut bâti autour du réacteur pour limiter la propagation de la radioactivité, entreprise qui causa de nouvelles victimes pour un résultat médiocre, et on passa à autre chose. Vingt ans plus tard, un deuxième incident, moins observé mais tout aussi capital pour Tchernobyl, se produisit à quelques kilomètres du lieu de la première explosion. Il était, si je devais en croire le marchand, responsable de la création des artefacts, sorte de minéraux volatils aux étranges propriétés qui accordaient à leur porteur de surprenantes aptitudes et des anomalies, ressemblant à des dépressions atmosphériques de très basse altitude qui généraient selon les cas des zones de tension électrique, d’extrême radioactivité ou des tornades localisées. Alors les militaires étaient revenus mais cette fois-ci, ils étaient restés ; quelque chose les intéressait ou les inquiétait apparemment et les bases de l’armée le long du cordon sanitaire semblaient souvent être en effervescence et menaient des expéditions vers le centre du périmètre, dans la Zone. Tchernobyl avait également attiré une faune plus spéciale : des mercenaires chargés de mission peu orthodoxes, des bandits opportunistes, des miliciens aux ambitions variées, perpétuellement aux prises avec l’armée qui essayait vainement d’éradiquer le fléau qu’ils constituaient pour le gouvernement ukrainien et au-delà. D’autres encore venaient chercher fortune aux abords de la Zone, traquant les artefacts pour les revendre aux laboratoires de recherche scientifique privés qui s’étaient installés à proximité et tentant de survivre en évitant les régions les plus toxiques. Ces derniers s’étaient rassemblés en factions et lançaient des opérations aux quatre coins de la Zone afin d’en découvrir les ressources cachées. Les Stalkers.

En étais-je un puisque ce nom apparaissait sur mon bras, je n’en sais rien mais ce qui était évident, c’était que Sidorovich se moquait pas mal que je retrouve mon identité ou plutôt, il comptait bien se servir de ce paramètre pour faire pression sur moi. Il avait des informations sur ma provenance mais ne les révèlerait qu’entre contrepartie de mon travail. Il m’avait sauvé indirectement la vie et selon lui, je devais m’acquitter de cette dette en lui servant de coursier, de mercenaire et plus encore jusqu’à ce qu’il estime ma reconnaissance suffisamment enrichissante. Mes choix étaient somme toute assez restreints et j’ai du accepter d’aller chercher une mallette contenant des documents militaires entreposée dans les bureaux d’un bâtiment protégé par des soldats de la Faction du Devoir, un groupuscule qui se targuait, en imposant à ses membres des règles de conduite dignes, de faire respecter le droit de la guerre car c’en était une pour eux comme pour tout ceux qui évoluaient dans la Zone. J’avais un peu récupéré depuis l’accident et j’étais bien décidé à me sortir de là par tous les moyens qui seraient susceptibles de me rapprocher de la sortie de cet enfer radioactif peuplé de guerriers haineux et de hors-la-loi sans scrupules.

Le camp des Stalkers était rudimentaire : un feu, une quinzaine d’hommes en patrouille autour de bâtiments en ruine, un nommé Vorodin Le Louche à la guitare, un camion-citerne obsolète et quelques carcasses de ce qui était peut-être des vans il y a très longtemps. Je posais peu de questions, sentant que c’était moyennement apprécié dans la région. Je réussis tout de même, au bout d’une heure, à capter quelques bribes de leur conversation. Beaucoup de légendes circulaient, pour en avoir entendues différentes versions, entre les gars du campement : une faille se serait formée sur une des faces du sarcophage, un objet appelé Le Monolithe serait enterré là-bas, un dénommé Strelok aurait pénétré au cœur du réacteur et en serait ressorti… changé, des hommes seraient devenus fous après avoir approché un certain endroit de la Zone, le lac Yamar, et erreraient sans but, des artefacts aux pouvoirs surnaturels seraient dissimulés sous les gravas proche de l’épicentre… Des histoires de Stalkers.

Je suis parti en direction du nord, vers le centre de la Zone mais je n’aurais pas à m’enfoncer très profondément dans le secteur intérieur puisque selon mon PDA dans lequel Sidorovitch avait téléchargé le parcours jusqu’à la base de la faction, il me faudrait prendre à l’ouest après trois kilomètres. Je traversais le chemin de terre sur lequel le camion militaire avait probablement été frappé par la foudre quand des chiens, à ceci près qu’ils semblaient aveugles, foncèrent vers moi d’une manière qui ne tentait aucunement de cacher leur plus franche hostilité. Sidorovich m’avait fourni un pistolet, un vieux modèle mais il fut efficace, je ne comptais pas les laisser s’approcher pour vérifier leurs intentions. En observant de plus près leurs dépouilles, mon observation fut confirmée : ces animaux avaient bel et bien été contaminés et avaient subi des mutations génétiques dues au fort taux de radiation. Je passai la ferme abandonnée en gardant mes distances car elle était, selon les Stalkers les plus bavards, le repaire des voleurs de passage, voleurs correctement équipés pour mener des embuscades létales à l’encontre de tout type d’individus, quels qu’il soient. J’en vis d’ailleurs un qui faisait des allées et venues devant le bâtiment, l’impunité dont ils jouissaient ici les avait ralliés en grand nombre. La route boueuse menait directement à la Décharge, un périmètre de dépôt d’éléments contaminés qui s’étendait à perte de vue en formant diverses montagnes peu accueillantes. Je devais y rencontrer Serij, mon contact. Censé me montrer l’endroit exact où se situait le tunnel que je devais emprunter pour déboucher près de la base militaire. Le hic étant qu’un barrage surveillé par une milice m’interdisait de poursuivre ma progression. Je m’engouffrai dans les ruines à proximité pour y préparer une stratégie. C’est là que je découvris un de ces artefacts : oblong et entouré d’une aura orangée et scintillante. Un cône. Sidorovich m’en avait montré dans sa boutique : il payerait cher pour s’en approprier d’autres. Au moment où je l’empochais, je ressentis comme une onde enveloppant l’intégralité de mon corps mais rien d’électrique, c’était indéfinissable. Irradié était le mot juste puisque ces artefacts dégageaient une légère radioactivité mais je refusais alors de le penser. Je diagnostiquai une certaine insensibilité sur le derme de mes paumes et cela semblait aller en s’étendant. Je trouvai finalement une manière de contourner le barrage par l’ouest en rampant sous une grille. De l’autre côté, la terre elle-même montrait des marques d’irradiation. C’est à partir de là et tout du long de ma route jusqu’à la Décharge que je croisai des dépouilles de soldats, de mercenaires, plus rarement de civils. La Zone avait été le théâtre de très nombreuses escarmouches, ce qui ne ralentissait pas le flot de Stalkers venus de lointains horizons. Je pris un fusil et quelques grenades sur le cadavre d’un officier. Son état de décomposition n’était pas très avancé, il semblait, en comparaison aux autres, fraîchement mort. Je m’accaparai également un kit de survie qui m’assurerait de ne pas agoniser en cas de blessures en admettant que je sois en condition de me soigner. J’atteignis la Décharge sans rencontrer âme qui vive et je m’en félicitais. Un groupe de Stalkers patrouillait devant un hangar, non loin de là. Reconnaissables à leurs combinaisons brunes, j’avais peu de chances de faire erreur. Mon homme devait en faire partie ou du moins, je serais renseigné sur sa localisation.

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